La LGV Poitiers-Limoges continue d’inquiéter
A l’occasion de la réunion organisée par Réseau Ferré de France (RFF) le 5 mai 2009 à Montmorillon pour informer les élus du Sud Vienne de l’avancement des travaux préparatoires de la ligne à grande vitesse (LGV) Poitiers-Limoges, Thierry MESMIN, Conseiller général de Lussac-les-Châteaux, a interpellé Jean-Marc POUZOLS, chef de mission à RFF sur plusieurs points :
-La concertation avec le public : Thierry MESMIN a demandé quand RFF comptait informer les riverains susceptibles d’être concernés par la LGV. Monsieur POUZOLS a expliqué que les concertations se faisaient en deux temps, d’abord avec les élus puis avec la population. Il a assuré que les premières rencontres publiques débuteraient vers la troisième semaine de juin 2009. Thierry MESMIN s’est inquiété de ce délai, le jugeant intenable car les appels des concitoyens se font de plus en plus pressants. Jean-Claude CUBAUD, Conseiller général de L’Isle-Jourdain a demandé l’organisation d’une conférence de presse, proposition jugée trop hâtives par les responsables de RFF.
-L’impact du projet sur l’environnement : Thierry MESMIN a questionné Monsieur POUZOLS sur les emprises du projet et les mécanismes d’indemnisations. Il lui a été répondu que l’emprise serait de plus ou moins 100 mètres mais que l’ensemble de ces points restaient à affiner à ce stade des études. Plusieurs élus présents ce sont au passage inquiétés des risques en cas de panne d’un train sur une voie unique, Monsieur POUZOLS n’ayant pu leurs fournir que de vagues explications !
-Complémentarité avec l’aménagement de la Nationale 147 : Thierry MESMIN a émis la ferme suggestion de jumeler les ouvrages sur la Vienne pour tenter de limiter les nuisances des communes de Lussac-les-Châteaux, Gouex, Lhommaizé, Persac et Mazerolles. Il a insisté sur la nécessaire et bien maigre compensation que la 2X2 voies apporterait aux populations locales qui acceptent, contraintes et forcées, une infrastructure ferroviaire. Un responsable de la Direction Régionale de l’Equipement (DRE) a confirmé un rapprochement entre les services de l’Etat et RFF, sans pouvoir apporter aucunes garanties sur les synergies à venir !
Cette présentation n’a visiblement pas convaincu la majorité de l’assistance, qui continue à se poser de nombreuses questions quant aux financements et à l’impact d’une telle réalisation sur les territoires ruraux du Sud Vienne. Rappelons que cet aménagement sera subi par les Collectivités qui n’en tireront aucunes retombées (mais des nuisances…), aucun arrêt n’étant prévu entre les deux capitales régionales.
RFF a encore beaucoup de travail, et il peut compter sur la vigilance des élus locaux qui ne sont pas prêts à sacrifier un cadre de vie préservé !
A visiter : http://www.lgvpoitierslimoges.com/
Vos réactions
La LGV Poitiers-Limoges continue d’inquiéter
Je découvre votre site et ce message pour le moins timoré sinon complaisant vis à vis de RFF. Votre questionnement donne acte de l’existence de cette ligne alors qu’elle se révèle de jour en jour plus absurde. Vous savez probablement que le projet SEA va être amputé des raccordements qui lui donneraient un peu de sens. Nous ne vous avons pas élus, vous et vos collègues pour monnayer nos territoires contre un plat de lentilles. Il serait temps de réagir avec conscience et vision de l’avenir.
Alain Cocquemas
PS : élu d’une petite commune du parcours, je m’étonne que tant le conseil général que l’association des maires de la Vienne participant au comité de pilotage du projet n’en rendent aucun compte à leur mandants. A propos, pourrait-on connaître qui de ces instances à participé aux réunions du 6 juillet à Limoges
La LGV Poitiers-Limoges continue d’inquiéter
L’opposition à la ligne LGV Limoges Poitiers est en train.. c’est cas de le dire ....de se structurer. Nous avons un site http://limogespoitiers.com/
Nous avons déja organisé des réunions : le 5 mai au Palais sur Vienne le 8 mai à Blond.
Sont prévues des réunions à Bellac le 15 mai à 20h30 sûrement au Centre Culturel à Bonnac la côte ( près de Limoges) le 18 mai à 20 h salle polyvalente.
Vous de la Vienne y êtes cordialement invités.
La LGV Poitiers-Limoges continue d’inquiéter
Le groupe des élus de gauche au Conseil Général de la Vienne ne s’oppose pas à ce projet d’aménagement du territoire dont les retombées sont non négligeables.
Cependant, les élus veilleront à ce que son développement ne se fasse pas en méconnaissance des nuisances générées par ce type d’infrastructure, dans le souci de préserver au maximum le cadre de vie des habitants du Sud Vienne.
La LGV Poitiers-Limoges continue d’inquiéter
Le projet de LGV Limoges-Poitiers n’est pas un bon projet, ni pour nos territoires, ni pour les régions du centre-ouest, ni même pour RFF en charge du développement du réseau ferroviaire français et de ses connections européennes.
Si ce projet devait aboutir, son tracé mutileraient à jamais le territoire des communes entre Limoges et Poitiers. Ceci probablement en pure perte. Les collectivités locales s’opposent très vigoureusement à ce projet car elles comprennent bien qu’il est inadapté. Sans dénier aux Limousins - comme à qui que ce soit - le droit d’accéder à la grande vitesse, la décision de faire transiter le trafic TGV des régions Poitou-Charentes et Limousin par la gare centrale de Poitiers et celle de détourner le flux des déplacements du Limousin par Poitiers est une aberration qui obèrera le développement du réseau ferroviaire du grand centre-ouest. Chacun sait que la vieille gare de Poitiers encastrée dans la vallée de la Boivre et fermée au sud par une falaise rocheuse dans laquelle un tunnel à deux voie a été percé au 19ème siècle ne pourra accepter tous les trains TGV, TER et FRET . La bonne idée de constituer une plateforme régionale pour les échanges de voyageurs sur l’axe Sud-Europe-Atlantique s’en trouve totalement vidée de sens. C’est au coeur de la conurbation de l’axe Poitiers-Châtellerault que serait idéalement placée la gare du futur. ”Une gare nouvelle oui, mais plus tard”, a-t-il souvent été affirmé. Plus tard le tracé qui va être décidé ne pourra alors plus être remis en cause. Comment les TGV pourront-ils rejoindre la LGV Poitiers-Limoges depuis cette nouvelle gare qui serait située à l’ouest de Poitiers sur le tracé de la LGV SEA ? En passant par la gare centrale de Poitiers ? Grâce à une nouvelle infrastucture ?
Par ailleurs, à ce moment-là, la nouvelle LGV Centre-Auvergne (Lyon-Paris via Bourges et Orléans) dont le débat public débutera prochainement, aura vu le jour. Le Limousin, y compris la Creuse et l’Indre oubliés par ce projet fâcheux, pourront y accéder par la ligne classique modernisée Limoges-Paris via Orléans. Limoges sera alors à deux heures un quart de Paris (Austerlitz), sans le détour par Poitiers, plus long que le trajet direct, augmentant ainsi les coûts de péage et d’exploitation.
Alors que ce projet de LGV Centre-Auvergne va s’imposer comme une évidence du fait des réponses qu’il apporte à de multiples questions, y compris celle de la liaison à grande vitesse de Nantes vers Lyon, faudra-t-il alors continuer à faire circuler des TGV Limoges-Paris quasi vides par Poitiers ? Quel sera alors l’impact sur les finances publiques ? On imagine mal un partenariat public-privé (PPP) sur un tel projet sans rentabilité. Quel sera l’impact pour le futur opérateur ferroviaire ? A la veille de l’ouverture des marchés de transport de voyageurs à la concurrence on peut se demander si l’on trouvera un exploitant pour y faire circuler des TGV. A moins de le subventionner à l’aide des fonds publics comme le TGV Brive-Lille actuel ou les liaisons aériennes low cost de Ryan Air. Quel sera l’impact pour les consommateurs ? On peut facilement évaluer à 30 % l’augmentation du prix du billet du fait l’allongement du trajet.
Il est plus que jamais urgent que les Régions du centre-ouest se mettent autour d’une table avec l’Etat, RFF et la SNCF pour remettre à plat l’ensemble du projet de développement du réseau ferroviaire à grande vitesse.
Votre groupe, qui se veut vigilant dites-vous, s’honorerait d’être porteur de cette demande.
La LGV Poitiers-Limoges continue d’inquiéter
Le groupe des élus de gauche a clairement exprimé sa position concernant le projet de Ligne à Grande Vitesse SEA, en conditionnant son accord au respect des engagements pris par RFF en termes de dessertes locales et de lutte contre les nuisances. Concernant le projet Limoges-Poitiers, l’état actuel de la concertation et les données disponibles ne permettent pas d’analyser finement les tenants et les aboutissants de ce projet.
Nous avons signalé à plusieurs reprises ce manque de communication et cette absence de données générales (fréquentation estimée, scénarios de raccordement, cadencement avec les TER…). Lors de la dernière séance publique du Conseil Général, il a été décidé unanimement qu’aucun élu départemental ne se rendrait à la réunion du 6 juillet 2009 à Limoges, pour la simple et bonne raison que le Département n’a été prévenu de ce comité qu’une semaine avant sa tenue !
Notre groupe regrette les méthodes de RFF et son manque d’ouverture envers la population et les élus locaux. Les questions techniques et financières de ce dossier sont encore trop nombreuses pour arrêter définitivement un avis.
A l’instar de notre réflexion sur le projet SEA, nous ne manquerons pas d’exprimer nos points de vue sur cette Ligne à Grande Vitesse.
La LGV Poitiers-Limoges continue d’inquiéter avec raison !
Le projet LGV est-il un projet d’intérêt public majeur pour justifier un tel investissement (près de 2 milliards €) des finances publiques de nos deux régions Limousin et Poitou Charente et de l’Etat ?
Il y a deux urgences planétaires connues auxquelles toute politique est tenue de réagir immédiatement :
1) La réserve énergétique en hydrocarbure de toute la planète est égale à 40 fois la quantité consommée en 2008.
2) en émettant pendant 10 ans la même quantité de CO2 annuel que ce qui fut émis en 2008, le déséquilibre climatique provoquée sera irréversible, et compromettra la survie de l’espèce humaine.
Nous sommes passés en un siècle d’une société majoritairement centrée sur les activités d’agriculture et d’élevage entretenue par les énergies renouvelables et non polluantes de notre planète, à une société industrielle, administrative, financière, urbaine totalement dépendante de moyens de transport de plus en plus sophistiqués, et boulimiques d’énergies non renouvelables et polluantes.
Un employé de bureau parisien passe en moyenne aujourd’hui 2 heures de transport par jour, et c’est sans compter le transport global nécessaire à l’approvisionnement des marchandises qu’il consomme.
La rareté énergétique d’un proche avenir, rendra forcément invivable les pôles urbains, vers un retour dans les hameaux de campagnes centrées autour d’activités agricoles, sylvicoles, d’élevage, et d’artisanat.
Déjà 100 000 urbains en France décident chaque année de vivre à la campagne.
Dans le contexte de cette mutation incontournable, il est évident que le moindre centime d’euros de nos finances publiques détourné du bien public pour financer du lobbying privé est un scandale compromettant pour l’avenir des générations futures.
Dans ce contexte d’urgence, la réalisation d’une nouvelle infrastructure ferroviaire, pour relier plus rapidement des pôles urbains parait complètement insensé, d’autant que nous n’arrivons même pas à maintenir en état les infrastructures ferroviaires existantes.
En passant sur la RN 147 vers Bellac, je lisais cette pancarte sur une botte de foin au bord d’un pré : "Oui à l’élevage des noutons, Non à la LGV des couillons !"
Je pense que les cris de scandale des éleveurs du Limousin et de Poitou Charente devraient être entendus avant que la surdité et l’aveuglement politique des décideurs de ce projet aberrant ne viennent mettre le feu à nos campagnes.
« il faut se mettre en économie de guerre pour éviter la vraie » Jean-Marc Jancovici dans « C’est maintenant ! 3 ans pour sauver le monde »