Le 5ème risque, un enjeu de société
C’est donc à une véritable urgence démographique qu’il faut aujourd’hui répondre.
La France compte 1,1 millions de personnes âgées dépendantes, chiffre qui pourrait augmenter de 1 à 2% par an d’ici 2040. Le nombre des personnes présentant de forts handicaps devrait passer de 660 000 en 2005 à 940 000 en 2025. Ce vieillissement général de la population entraînera mécaniquement une baisse des aidants potentiels.
Aux côtés des branches maladie, famille, accidents du travail et retraites de la Sécurité Sociale, le gouvernement envisage d’assurer la prise en charge de la dépendance par la création d’un "5ème risque", combinant un financement public au titre de la solidarité et la mise en place d’une assurance individuelle encouragée par des incitations fiscales. Ce vaste chantier ne se fera cependant pas via une simple refonte de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA).
L’APA peut être définie comme une aide financière attribuée aux personnes d’au moins 60 ans qui, malgré les soins qu’elles reçoivent, ont besoin d’être aidées pour l’accomplissement des actes essentiels de la vie courante. Elle compte plus d’un million de bénéficiaires en 2007, pour un coût estimé à plus de 4,4 milliards d’euros, assumé à 68% par les départements. 60% des bénéficiaires de l’APA vivent à domicile, 40 % en établissement d’hébergement spécialisé.
Selon l’Assemblée des Départements de France (ADF), la majorité des Présidents de Conseils généraux affirment que les prestations consacrées aux personnes âgées et handicapées constituent, avec le RSA, le poste le plus préoccupant de dépenses pour les départements (+8 à10% par an). Ils sont unanimes pour dire que la dépendance doit relever de la solidarité nationale, que ce soit grâce à la CSG, l’impôt sur le revenu ou toute autre taxe.
Le 5ème risque était une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle de 2007, mais les applications concrètes se font toujours attendre. Il reste à espérer que l’Etat prendra ses responsabilités et qu’il n’incombera pas, une fois de plus, aux départements de devoir assumer des charges financières supplémentaires.
Afin de mieux cerner les enjeux liés à la dépendance des personnes âgées, vous pouvez consulter l’étude ci-dessous, commandée par le Conseil général et réalisée par l’INSEE :
