Dépendance : abandon du "cinquième risque"
En France, la question de la prise en charge de la dépendance des personnes âgées se pose en véritable enjeu de société puisque l’on estime qu’une personne sur quatre issues des générations du baby boom aura à en souffrir. On compte actuellement 2 millions de personnes dépendantes dans notre pays.
Considérant que les 4 branches de la Sécurité sociale ne serait pas en mesure de répondre à ce défi démographique, le Gouvernement avait envisagé de créer une 5e branche (appelée le "cinquième risque") afin d’assurer le financement de la dépendance.
Toutefois, en dépit des promesses du Président de la République, cette idée est abandonnée.
Pour le président de l’Association des Départements de France (ADF) Claudy Lebreton, ceci indique clairement le refus de la majorité de financer la dépendance par le biais de la solidarité nationale. Le récent rapport de la Députée UMP Valérie ROSSO DEBORD sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes illustre ce désengagement et affiche des propositions inquiétantes :
=>un financement basé essentiellement sur des assurances individuelles obligatoires à partir de 50 ans concédé aux assureurs privés et aux mutuelles.
=>une suppression de l’APA pour les moins atteints par la perte d’autonomie et le handicap (GIR 4) c’est-à-dire pour la moitié des bénéficiaires soit environ 500 000 personnes.
Il est indigne que le financement de la maladie et du handicap pour les personnes de plus de 60 ans soit ainsi détourné au profit du privé. La suppression de l’APA pour les GIR 4 est en parfaite contradiction avec le maintien à domicile des personnes âgés malades et handicapées et avec la prévention de la perte d’autonomie.
En revenant sur sa parole et en introduisant toujours plus de libéralisme dans les secteurs de la prise en charge, la majorité s’engage dans une véritable légalisation de la non assistance à personne en danger !